Conformité

Loi sur le gardiennage (loi Jambon) : les obligations des sociétés de sécurité

Indigo Studio, éditeur de VigiTaskPublié le 14 juillet 202610 min de lecture
Agente de sécurité au poste de contrôle d'accès d'un immeuble

La loi Jambon est la loi du 2 octobre 2017 réglementant la sécurité privée et particulière. Elle impose aux sociétés de gardiennage belges une autorisation délivrée par le SPF Intérieur, une carte d'identification pour chaque agent, des conditions strictes de moralité et de formation du personnel, ainsi qu'une traçabilité des prestations.

La loi Jambon, socle du gardiennage belge

Le secteur de la sécurité privée est l'un des plus encadrés de Belgique. Depuis 2017, son cadre de référence est la loi du 2 octobre 2017 réglementant la sécurité privée et particulière, communément appelée loi Jambon, du nom du ministre de l'Intérieur qui l'a portée. Elle a remplacé la loi du 10 avril 1990 et a modernisé les règles applicables aux entreprises de gardiennage, aux services internes et aux métiers connexes.

L'esprit du texte est simple : la sécurité privée touche à l'ordre public et aux libertés, elle doit donc être exercée par des acteurs autorisés, contrôlés et dignes de confiance. Pour un exploitant, cela se traduit par une série d'obligations concrètes qu'il faut connaître et pouvoir démontrer à tout moment.

Ce que la réforme de 2017 a changé

La loi de 2017 n'a pas seulement remplacé un texte ancien : elle a réorganisé et clarifié le paysage de la sécurité privée. Elle couvre non seulement les entreprises de gardiennage classiques, mais aussi les services internes de gardiennage (une entreprise qui organise sa propre surveillance avec son propre personnel) et divers métiers connexes.

Elle a précisé les activités qui relèvent de la sécurité privée, encadré certaines nouvelles pratiques et adapté le régime des autorisations et des cartes. Pour un exploitant déjà en activité, l'enjeu est de vérifier périodiquement que ses activités, ses autorisations et son personnel restent alignés sur le cadre en vigueur, car des arrêtés d'exécution viennent régulièrement préciser ou compléter la loi.

L'autorisation d'exploiter

Aucune entreprise ne peut fournir des services de gardiennage sans y avoir été autorisée par le SPF Intérieur (Service public fédéral Intérieur). L'autorisation vérifie que l'entreprise et ses dirigeants remplissent les conditions légales : honorabilité, conditions de gestion, garanties professionnelles.

Cette autorisation n'est pas définitive : elle est accordée pour une durée déterminée et doit être renouvelée. Elle peut aussi être limitée à certaines activités de gardiennage. Les conditions exactes, la durée et la procédure évoluent avec la réglementation : la source de référence est le SPF Intérieur, dont le service dédié à la sécurité privée communique sous la marque Vigilis.

Les cartes d'identification des agents

Chaque personne qui exerce une fonction de gardiennage doit être titulaire d'une carte d'identification délivrée par l'autorité compétente. Cette carte atteste que l'agent remplit les conditions requises (voir plus bas) et qu'il est autorisé à exercer.

Pour l'exploitant, la carte a une conséquence opérationnelle directe : on ne peut pas planifier un agent dont la carte n'est pas valide. Le suivi des dates de validité et des renouvellements devient donc un point de contrôle permanent. Une carte expirée qui passe inaperçue, et c'est une prestation potentiellement irrégulière.

Conditions liées au personnel

La loi fixe des conditions strictes pour exercer un métier de gardiennage. Elles portent notamment sur :

  • la moralité et l'absence de certaines condamnations ;
  • des conditions d'âge et de résidence ;
  • la formation et les qualifications requises pour la fonction exercée ;
  • des conditions psychotechniques dans certains cas.

Ces exigences visent à garantir la fiabilité des personnes qui, dans le cadre de leurs missions, peuvent être amenées à contrôler des accès, surveiller des biens ou approcher du public. Les modalités précises (types de formation, durées, conditions médicales) sont définies par la réglementation d'exécution et peuvent être adaptées.

La formation ne s'arrête d'ailleurs pas à l'entrée dans le métier : des obligations de formation continue ou de recyclage peuvent s'appliquer selon les fonctions. Pour l'employeur, cela ajoute une dimension au suivi du personnel : garder à jour non seulement les cartes, mais aussi les qualifications et les recyclages de chaque agent, afin de ne l'affecter qu'à des missions pour lesquelles il est habilité.

Déontologie et limites des pouvoirs

Un point souvent mal compris mérite d'être rappelé : un agent de gardiennage n'est pas un policier. La loi encadre strictement ce qu'il peut et ne peut pas faire. Ses prérogatives sont limitées et proportionnées à sa mission, et l'usage de la contrainte est étroitement délimité. Le respect de la vie privée, la non-discrimination et la juste proportionnalité des moyens sont au cœur de la déontologie du secteur.

Cette dimension déontologique rejoint la logique de traçabilité : documenter correctement une intervention, c'est aussi pouvoir démontrer, si nécessaire, que l'agent a agi dans le cadre de ses attributions. Des rapports d'intervention structurés et horodatés protègent à la fois l'agent, l'entreprise et les personnes concernées.

Registre et traçabilité des prestations

Au-delà des autorisations et des cartes, la logique de la loi est celle de la traçabilité. L'activité de gardiennage doit pouvoir être documentée : qui est intervenu, où, quand, dans quelles conditions. Cette exigence de traçabilité se retrouve dans la gestion quotidienne des prestations, des rondes et des rapports d'intervention.

ObligationCe qu'elle impliqueSource de référence
Autorisation d'entrepriseExercer uniquement après autorisation du SPF IntérieurSPF Intérieur (Vigilis)
Carte d'identificationChaque agent titulaire d'une carte valideSPF Intérieur (Vigilis)
Conditions de personnelMoralité, âge, formation, conditions médicalesRéglementation d'exécution
TraçabilitéDocumenter les prestations et interventionsLoi et pratiques du secteur
ContrôleSe soumettre aux contrôles de l'administrationSPF Intérieur

Contrôle et sanctions

Le respect de ces obligations n'est pas déclaratif : l'administration contrôle. Les manquements (exercice sans autorisation, agent sans carte valide, non-respect des conditions) peuvent donner lieu à des sanctions administratives et, selon les cas, à des mesures plus lourdes. Pour une société de gardiennage, la conformité n'est donc pas qu'une question d'image : c'est une condition d'exercice.

Traçabilité : là où un logiciel métier aide

La plupart des obligations de la loi Jambon se jouent dans l'exécution et la preuve. C'est précisément là qu'un outil de gestion adapté au gardiennage apporte de la valeur.

  • Le suivi des cartes d'identification, avec une alerte avant échéance, évite d'affecter un agent dont la carte n'est plus valide. Cette logique est intégrée au planning des agents.
  • Le pointage mobile horodaté et géolocalisé au moment de la prise de poste documente la présence réelle sur chaque site.
  • Les feuilles de temps conservent la trace des heures prestées, base d'une facturation juste et d'une preuve exploitable.
  • Les rapports d'intervention structurés, remontés depuis le terrain, alimentent une traçabilité utile en cas de contrôle ou de litige.

Un logiciel ne remplace ni l'autorisation, ni les cartes, ni les obligations de formation. Il aide à les respecter au quotidien et à en garder la preuve.

Sources officielles

La réglementation de la sécurité privée évolue régulièrement, par arrêtés d'exécution et adaptations législatives. Pour toute démarche (autorisation, cartes, conditions de personnel), la source à consulter est le SPF Intérieur et son service de sécurité privée, qui communique sous le nom de Vigilis. En cas de situation particulière, faites-vous accompagner par un conseil spécialisé.

Cet article propose une synthèse pédagogique du cadre issu de la loi Jambon : il vous aide à savoir quelles questions poser et où chercher l'information officielle et à jour.

Information générale à jour au 14 juillet 2026, fournie à titre indicatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique. La réglementation de la sécurité privée évolue : vérifiez vos obligations auprès du SPF Intérieur (Vigilis) et, au besoin, d'un conseil spécialisé.

À lire aussi

Voir VigiTask sur vos propres missions

Planning, pointage, feuilles de temps et facturation Peppol dans un seul outil pensé pour le gardiennage belge. Demandez une démonstration.

Demander une démo